Les armoiries du village



Les maisons du village et leur nom



"Le village de Bordes et ses voisins avant la Révolution" par l'abbé M. carrère




Monographie sur le village par l'instituteur du village en 1880



Les quartiers du village



Les maires du village



Les prêtres du village

Ces textes d'informationont été réunis pour mieux faire connaître le passé de ce village, à toutes personnes intéressées, du Sud ouest et d'ailleurs.

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Quelques rappels sur l'Histoire de BORDES


Période préhistorique

L'origine de BORDES nous est inconnue. La présence des hommes vivant dans la région remonte au paléolithique. De nombreux fragments de galets ont ététrouvés à Ozon, Sinzos, Goudon. Sur le site de BORDES, au quartier Daouan Clarette Section A dite de Bant ont été recueillis un chopper double sur fragment de galet, un éclat à talon cortical. Ces premières traces d'activités humaines remontent à 1million d'années.

La période du Néolithique, âge de la pierre polie, se situe entre 5000 à 2500 ans avant Jésus-Christ : une hache polie datant de cette période à été trouvée ainsi que des poids sphériques utilisés dans une agriculture primitive.

Période historique

Plus proche de nous (aux environs du 1er siècle ?), se trouvait un oppidum situé sur le haut du village prés du chemin de crête, lieu appelé le Hourquet. C'est un cuvette rectangulaire de 57 mètres de long sur 40 m de large . Le pourtour est clôturé par un remblais de terre de plus de 2 mètres de haut et d'un fossé profond de 3 ou 4 mètres de large. Placé à proximité de vieux chemins, parfois simples pistes qui devaient servir de voies pour le commerce du sel et du fer , peut être voies de transhumance, l'Oppidum était un espace protégé, où les gens pouvaient se réfugier en cas d'attaque. Cet Oppidum peut aussi être antérieur à la période Romaine (castramétation protohistorique).

Au cours du 1er millénaire, les collines étaient couvertes d'épaisses forêts aux nombreuses sources. Le premier berceau du village se trouve donc à la haute de BORDES. Unc hâteaude dimensions modestes, peut être une simple tour de gué, poste tenu par une petite garnison, protégé par des fossés et un pont-levis. Une vingtaines de familles habitèrent ce lieu appelé ARTIGUESEQUE (terres récemment défrichées). Une église primitive avec un cimetière, des ossements humains et une croix ont été trouvés sur le site (section G quartier Las Vignes De Miqueou.) . Ces premier habitants descendirent travailler dans la plaine de l'Arros. Pour abriter leurs récoltes, leurs outils, leurs bêtes, ils bâtirent prés de leurs champs des grangesou « BORDES » en gascon, d'où peut-être l'origine du nom du village.

En 1313, BORDES comptait entre 23 et 30 familles, soit environ 115 à 150 habitants. Un siècle plus tard en 1439, la population n'avait guère augmenté. La peste en 1348 fit disparaître les trois quarts de la population.. La guerre avec les Anglais après 1360 fit des ravages; plusieurs petits villages et hameaux disparurent. La croissance de la population ne reprit que vers la fin du XIV siècle. En 1789 elle dépassait 800 habitants.

Les premières traces officielles de l'existence de BORDES remontent à 1175. Cette année là, Noble de Nizan, Seigneur de Gourgues et de BORDES, devint moine de l'Escaladieu. Il fit don de sa Seigneurie de BORDES au monastère (ici). De 1175 à 1789, durant 600 ans, les Pères Abbés de l'Escaladieu portèrent le titre de Seigneurs de BORDES. Ils jouissaient de tous les droits. Après l'acte de donation, les religieux construisirent la Grange à BORDES quartier de la Bache n° cad 161. Ils y entreposaient les produits agricoles versés par les paysans. Important domaine, elle comprenait un ensemble de bâtiments, étables, écuries, forges et ateliers divers, logements pour domestiques et appartements où logeaient les moines de passage. Il y avait dans la commune, une léproserie en 1317.

La bataille du Pas de Larre:
En 1373 eut lieu tout prés de BORDES la bataille du PAS DE LARRE entre Français et Anglais,  racontée par Foissard dans ses chroniques. Le château de Marchéras est cité, construit alors sur le territoire de BORDES. Le village de LHEZ n'aura une existence que 100 ans plus tard. La motte du château de MARCHERAS à LHEZ est en réalité constituée par l'oppidum qui l’a précédée (d'après Michel CAZANAVE et Pierre LAFITTE-MATALAS dans « En BIGORRE au MOYEN-AGE »). A cette date, nous ne trouvons plus trace du château, ou tour de gué construit en Artigueséque. Peut-être avait-t il été abandonné, et un château plus important construit à Lhez. Cet épisode est aussi l'objet d'un passage du 'Bâtard de Mauléon' d'Alexandre Dumas, intitulé "Comment messire Jehan Froissard fut instruit de l'histoire que nous allons raconter".

En 1455, les moines voulurent s'installer sur un terrain surplombant l'Arros prés du moulin. Après un accord avec l'évêque, les consuls et le syndic de BORDES, ils construisirent le « château ». Grande bâtisse fortifiée avec un pont-levis et des fossés. Aujourd'hui il n’en reste rien, sauf le nom de « Casterot » ; une partie du fossé vient d'être comblée (maison « Bécarry » en 2006. Les cartes nous montrent l'importance du château.

Le premier arpentage de la commune eut lieu en 1656 à l'initiative des moines de l'Escaladieu, le second en 1728 par Poussan de Loey.

L'Eglise primitive: au cours de l'été 1569, les troupes protestantes de Montgomery firent brûler de nombreuses églises en Bigorre, dont celle de BORDES ainsi que la « Grange » des moines. Le 25 août 1666, le syndic de la commune de BORDES acheta 8 chars d'ardoises pour la toiture de la nouvelle église construite au milieu du cimetière actuel.

A la fin du 18° siècle, la révolution de 1789 à secoué la France, bouleversant en profondeur l'édifice social et politique. Le 14 décembre 1789, l'assemblée constituante vota la loi sur les municipalités, et supprima les anciennes assemblées locales - syndics et consuls.
Pour voter , il fallait payer une contribution financière, avoir 25 ans et habiter la commune depuis 1 an. La première élection du maire eut lieu le 27 janvier 1790 (voir liste des maires).
Désormais l'état civil sera enregistré en Mairie (Loi du 20 septembre 1792); auparavant, il était tenu par le curé de la paroisse.

En 1783, un maître d'école ( peut être le curé du village) faisait la classe chez lui; il était rétribué par les familles; il y avait 14 garçons (aucune fille n'est inscrite). La majorité des gens étaient illettrés. Le 10 septembre 1790, les responsables de la commune décidèrent d'ouvrir une école, sans pour autant construire de bâtiment. François Carmouse fit ainsi office d'enseignant, il recevait les enfants chez lui, et devait entre autres apprendre la prière et le catéchisme aux enfants; il était rétribué par les familles.

Au cours du 18° et 19° siècle on trouvait beaucoup de pauvres, des enfants abandonnés ; des personnes mourraient aussi sur la route, sans soins. Famine et disette pouvaient apparaître, si la sécheresse, par exemple, compromettait la récolte de blés; certains hivers, comme celui de 1793 ont été très rigoureux.
Les collines étaient couvertes de châtaigneraies. Les châtaigniers y étaient bien alignés en rangs, et cette production était vendue sur les marchés.
Les paysans transportaient des pierres à l'aide de charrettes depuis Esparros jusqu’à leurs champs où elles servaient à construire les ponts.

C'est au cours du 19° siècle que des transformations importantes modifièrent la vie des gens et le paysage de la commune. C'est en 1857 que M. Toulouse, maire de BORDES, prit la décision de construire une maison d'école qui servait aussi de "maison commune", la salle faisait 79,8 m² pour recevoir 90 garçons. En 1861, elle était terminée (ce sont la mairie et la poste actuelles). C'est aussi en 1857 que le maire et son conseil envisagèrent de construire une autre église. Le 21 juin 1863, le budget était voté. Commencée en 1864, elle fut terminée en 1881pour un coût de 100.000 francs or.

En 1875, la congrégation des filles de Saint Joseph de Tarbes créa une école privée pour les filles. En 1908, le couvent fut acheté par la commune et, après d'importants travaux, l'école terminée en 1912. L'école publique de filles à ouvert ses portes en 1913 et, durant 47 ans, a fonctionné dans ce lieu.

La RN 117 a été tracée et réalisée entre 1838 et 1858. Elle remplacait alors la route impériale, ancienne voie romaine (vieille côte) qui reliait BORDES à LHEZ. La voie de chemin de fer Toulouse- Bayonne à été commencée après la création de la RN 117 entre1856 et 1863.Pour le pont de l'Arros, on ne trouve pas de date, mais il a été probablement construit durant cette même période. A la fin du 19° siècle, l'industrialisation dans les Hautes Pyrénées, grâce à l'électricité et à l'éloignement des frontières de l'est (guerre France-Prusse), ont créé des emplois et permis le maintien d'une population stable.


Le 20° siècle

Les deux guerres mondiales avec leurs cortège de morts et de blessés marquèrent douloureusement cette première moitié du siècle. Sur le monument aux morts datant de 1922, on relève 20 jeunes morts en 1914-1918, et 3 pour 39-45; ils sont morts pour défendre nos libertés.

Un épisode douloureux de la libération à BORDES:
En août 1944, c'est la débâcle allemande: les troupes allemandes repartent vers le Nord de la France. Le 13 août 1944, une colonne composée de plusieurs véhicules descend de BURG vers TARBES. Au virage de l'Arioumaret, à la sortie de BORDES ; des Maquisards attaquent l'arrière du convoi allemand avec un fusil mitrailleur. Les auteurs de cette fusillade, des Résistants de le région, dont la base était située à GONEZ à quelques kilomètres, prennent alors la fuite vers SINZOS et GONEZ.
Les Allemands se mettent à les rechercher dans les alentours mais ne trouvent personne. Toutefois, 3 Allemands, en fouillant un bois, arrivent à proximité de l'un des Maquisards. Celui-ci ouvre le feu et tue un des soldats allemands; les autres prennent la fuite.
Peu après, la troupe allemande reprend la route vers TARBES. Près de MASCARAS, Les Allemands croisent 4 hommes à vélos. Ils les fouillent et découvrent sur l'un d'eux un paquet de cigarettes américaines. Or, seuls les Maquisards pouvaient être en possession de ces cigarettes qui étaient larguées par parachutes par les Alliés.
Les Allemands conduisent alors les 4 hommes près du bois et les fusillent. On rapporte qu’un des maquisard en possession d'un message, le fit disparaître en l'avalant. Les habitants du village, ayant entendu les coups de feu, viennent sur les lieux une fois les Allemands repartis. Ils découvrent alors les corps des jeunes hommes sans vie et mutilés. Ils les ramènent alors au village de BORDES pour les inhumer.
Les Résistants tués à BORDES faisaient partis du CORPS FRANC POMMIES. C'est à CASTELNAU MAGNOAC qu'un noyau dur de la Résistance Française est organisé par le lieutenant colonel POMMIES. Le CORPS FRANC POMMIES fut très actif et contribua à la libération de la France avant de devenir le 49ème Régiment d’Infanterie, intégré à la 1ère D.B.
Le monument au mort édifié sur le lieu même de cette fusillade commémore cet événement, dans le quartier de BANT Section A.

Le progrès arrive dans les maisons avec l'arrivée de l'électricité et l'installation d'une cabine téléphonique en 1929 , tout cela va améliorer la vie des gens. La première voiture, une Citroën C4 arrive à BORDES en 1930. Le premier tracteur, un Renault est acheté en 1952.

La vulgarisation de nouvelles connaissances est apportée par les techniciens agricoles. Le progrès avance très lentement dans les campagnes. On commence à utiliser l'engrais pour fertiliser les terres, et on sème du maïs dit « américain ». Dans les années 1960, l'arrivée des tracteurs Ferguson remplace la traction animale. C'est à la fin du 20ème siècle que les petites exploitations disparaissent , et son mises en vente ou en location. En 2006, 5 agriculteurs ont crée leur entreprise, 2 en élevage hors sol (canards à gaver et lapins)et 3 exploitations traditionnelles. Cela représente moins de 1% de la population totale. En comparaison, en 1823, 90% de la population était paysanne.

Entre 1957 et 1962 le groupe scolaire actuel fut construit. Il accueille les enfants de la maternelle au CM2 (Maire J. Bazus.).

L’ancienne école de filles, délabrée, est démolie et 6 appartements y sont construits (actuelle résidence de l'Arros). Le développement des loisirs (création des cours de tennis, du terrain de foot, de l'aire de pique-nique) durant les années 1979 -1985, la réfection de l'église et sa mise en lumière, la transformation de la salle des fêtes en un lieu convivial.( Maire J Dubarry) apportent des changements importants au village.

A noter aussi la construction de l'autoroute A64 qui relie TOULOUSE à BAYONNE et met à notre portée l'océan, à 1h30 de route et TOULOUSE, capitale de la Région Midi-Pyrénées.


Le 21° siècle

En ce début de siècle, le village de BORDES change avec le développement des constructions individuelles. Une nouvelle population s'installe, à la recherche d'espace, de calme et d'une qualité de vie. Ces néo- ruraux vont pour la pluspart travailler à Tarbes, distante de 16 km. Ils vont revitaliser le milieu rural. Ils ne sont pas de simples résidents venus se mettre au vert; BORDES est devenu leur port d'attache, bien amarré dans leur nouveau lieu de vie, ils sont l'avenir du village.


Voilà un aperçu de l'histoire du village, commencée il y a fort longtemps : elle a vu ses habitants successifs, maillons d'une longue chaîne, apporter à chaque époque la pierre qui a permis de le façonner… et qui continue de nos jours.

M. Anaïs Dubarry, décembre 2006


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